Généralement, lorsque vous visitez une petite galerie d’art locale dans une ville nordique, vous avez l’occasion de voir des œuvres d’art représentatives de la région immédiate, ce qui est bien. Mais on trouve aussi au Canada des galeries qui sont des « centres d’artistes autogérés » et dans ces petites galeries, vous pouvez découvrir des œuvres extraordinaires d’artistes qui habitent ailleurs au pays et parfois même à l’extérieur du pays.

J’en ai fait l’expérience à la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO) de Sudbury lorsque je présentais une exposition à la Galerie d’art de Sudbury, il y a quelques hivers de cela. L’exposition que j’ai vue à la GNO avait pour titre « Phantom Limb » et c’était une création de l’artiste albertaine Shyra De Souza. Composée de centaines de bibelots provenant de magasins « tout à un dollar » et de commodes faussement antiques, l’œuvre ressemblait aux vertèbres d’une créature extra-terrestre, à la fois archaïque et surnaturelle. C’est une œuvre spectaculaire. De Souza a fait un séjour à Sudbury et pendant ce temps, elle a enrichi son œuvre de pièces trouvées dans les magasins de bric-à-brac locaux. Tout ce projet a été créé sous l’égide de cette toute petite galerie extraordinaire qui a célébré son vingtième anniversaire en 2015.

La Galerie du Nouvel-Ontario a été fondée en 1995 par un groupe d’artistes qui tenaient à créer un lieu où exposer des œuvres d’art contemporaines et actuelles. Au fil des années, la galerie et son espace ont débordé des murs, en présentant plusieurs projets d’art dans des lieux publics un peu partout dans la région de Sudbury et en devenant un centre de résidence national et international qui permet aux artistes de passage de faire intimement l’expérience de Sudbury tout en donnant lieu à des projets comme des publications nationales et des partenariats interprovinciaux. Parmi ses activités récurrentes, il y a la Foire d’art alternatif de Sudbury (FAAS) qui en est à sa huitième année, ainsi que le Nouveau Louvre, une exposition à la manière d’un salon à l’intention des artistes locaux qui a lieu dans la période des Fêtes. La GNO est un centre vibrant qui connaît du succès tout en ayant comme mission centrale de présenter des œuvres exigeantes et parfois controversées.

Dans son site Web, la galerie exprime son mandat ainsi : « La Galerie du Nouvel-Ontario incarne une vision ouverte à l’ensemble des pratiques en art actuel, avec un intérêt particulier pour la création in situ, les installations et les performances. La GNO encourage et appuie les artistes dans un processus de création où le risque est accueilli. Par l’entremise de ses projets rassembleurs et novateurs, la GNO stimule l’échange et le dialogue entre les artistes et avec le public. Consciente de son positionnement géographique ex-centrique, la GNO favorise les croisements d’idées, de langues et de cultures dans un contexte où la nordicité opère. »

Ce qui rend possible l’existence d’une galerie si inattendue, c’est peut-être la culture franco-ontarienne, ou c’est peut-être le milieu artistique de Sudbury, bien branché malgré sa distance des grands centres, qui est propice à une programmation si innovatrice et énergique. Aux yeux d’une personne qui passe beaucoup de temps dans de petites localités partout en Ontario et qui apprécie profondément ce que l’Ontario peut offrir au-delà de Toronto, la GNO est un de ces endroits vraiment spéciaux où les découvertes fortuites deviennent un régal attendu. Ce qui n’est censé se produire que dans les grands centres se produit ici.

J’admets que je n’adore pas toujours ce que je découvre à la GNO, mais voilà justement ce que les galeries d’art sont censées faire. Elles existent pour exposer des œuvres d’art qui ne sont pas au goût de tout le monde. Une exposition donnée peut sembler déroutante ou tout simplement bizarre, tandis qu’une autre exposition peut vous griser, comme l’exposition « Phantom Limb » de De Souza l’a fait pour moi. Grâce à cette exposition de la GNO, je connais le travail de De Souza et pour moi, ses expériences que j’ai suivies dans les médias sociaux ont resserré les liens de notre vaste pays. La taille intimiste du local de la GNO, son merveilleux format « boîte blanche » et son emplacement, rue Elgin à quelque pas de la taverne Townehouse, en font un endroit très accessible où l’on peut vivre l’expérience de l’art à son plus imprévisible.

Le site Web de la GNO est formidable : il présente en détail sa programmation actuelle, passée et à venir et il indique les heures d’ouverture de la galerie. Vous pouvez aussi « aimer » sa page Facebook et la suivre sur Instagram.

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